Haïti a-t-elle besoin d’un « Prince » étranger pour retrouver la sécurité, ou d’un État capable de redevenir maître de son territoire ?

Le sang versé à Kenscoff ne doit pas seulement provoquer l’indignation. Il doit aussi soulever des questionnemens.

Qui protège encore le peuple haïtien ?

Dans la nuit du 23 au 24 août 2026, Kenscoff fut frappée par une nouvelle attaque meurtrière. Des dizaines de personnes ont perdu la vie, d’autres ont été blessées ou enlevées. Une population qui espérait vivre à l’écart de la violence des grands centres urbains s’est retrouvée, une nouvelle fois, confrontée à la brutalité des groupes armés.

Le drame de Kenscoff n’est pas uniquement celui d’une commune attaquée. Il révèle une crise beaucoup plus profonde : celle d’un État qui peine à garantir à ses citoyens le droit le plus élémentaire, celui de vivre en sécurité.

C’est dans ce contexte qu’une autre question devient incontournable : quelle place doit-on accorder aux acteurs privés étrangers dans la sécurité d’Haïti ?

Le nom d’Erik Prince est désormais associé au débat sur les opérations de sécurité privées en Haïti. Son entreprise Vectus Global participe à des opérations anti-gangs aux côtés des autorités haïtiennes.

Mais il faut être précis : la présence ou l’implication d’une entreprise privée dans des opérations de sécurité ne signifie pas qu’Erik Prince est responsable du massacre de Kenscoff.

Le véritable problème est ailleurs.

Lorsqu’un pays souverain doit s’appuyer de plus en plus sur des moyens privés et étrangers pour combattre des groupes armés, une question de fond apparaît : où s’arrête l’aide extérieure et où commence la dépendance ?

Haïti peut avoir besoin de partenaires internationaux, de technologies, de renseignements, d’équipements et de soutien opérationnel. Mais elle ne peut pas transformer durablement sa sécurité nationale en une mission sous-traitée.

Car la sécurité d’un peuple ne devrait pas dépendre de la puissance financière d’un homme, de la technologie d’une entreprise ou de la volonté d’un partenaire étranger. Elle doit reposer sur des institutions capables d’agir, une police équipée et soutenue, une justice fonctionnelle, une chaîne de commandement responsable et surtout une autorité publique capable de reprendre le contrôle du territoire.

Kenscoff nous oblige donc à regarder la réalité en face.

Si les citoyens doivent attendre l’arrivée d’acteurs privés, étrangers ou internationaux pour espérer être protégés, alors le problème dépasse largement celui des gangs.

C’est la souveraineté même de l’État qui est questionnée.

Le véritable pouvoir ou Prince d’Haïti ne devrait être ni Erik Prince, ni un chef de gang, ni une puissance étrangère. Le véritable pouvoir doit appartenir au peuple haïtien et à un État capable de le protéger.

Le pays n’a pas besoin d’un prince pour assurer sa sécurité. Elle a besoin d’un État qui règne à nouveau sur son territoire.

Texte : varietestarsnewsagency
Email : varietestarsnewsagency022@gmail.com

Loading

Profil de l'auteur

Varietestarsnewsagency
Varietestarsnewsagency

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *