Malgré le pays est avili par ses propres fils désunis à l’intérieur et dénigré par des impérialistes à l’extérieur, nous ne cessons pas de compter dans nos rangs, de bons joueurs du ballon rond qui font flotter notre bicolore partout et ailleurs dans le monde entier. Que ce soit du côté des femmes ou du côté des hommes, ils sont parmi les premiers qui ravivent notre flamme même avec une joie éphémère, à travers les pires cauchemars de notre existence. Ils sont de rares phares qui percent à l’extérieur les ombres : de notre gloire, de notre fierté, de nos valeurs ethniques et historiques, lorsque nos lampadaires reflètent à l’intérieur la clarté : de notre noirceur, de notre laideur et de nos déboires populaires. Donald Guerrier, Frantzdy Pierrot, Duckens Nazon, Canerjy Antoine, Derrick Étienne, Nérilia Mondésir, Batcheba Louis, Melchie Daelle Dumornay, Ruthny Mathurin, Kethna Louis, Saviola Charles, Richard Redondo, John Baby, John Spinoza, etc. pour ne citer que ceux-là parmi ceux qui sont actifs.
Nos grenadiers, quoiqu’ils sont jeunes, ils savent se sacrifier pour se faire la fierté de la nation, pour défendre les intérêts du plus grand nombre. Ils savent comment prouver aux yeux de tous que nous sommes bel et bien une nation comme toutes les autres nations, que nous sommes un peuple comme tous les autres peuples, malgré la couleur de notre peau, malgré les colonialistes ont profané notre souveraineté en salissant notre image par des blasphèmes et des récits calomniateurs. Ils se souviennent qu’ils sont filles et fils d’anciens esclaves nègres, c’est à eux de faire valoir leur honneur et leur mérite partout où ils passent comme l’a fait Dessalines, Christophe, Pétion, Capois… le 18 novembre 1803 à Vertières.
Ils n’ont pas oublié leur origine mais s’en foutent de leur handicap, de leurs manquements et de leurs faiblesses qui les serviraient de barrières pour ne pas tenir la tête haute devant les autres nations et croiser les regards des «je vèt, je gri et je mawon» qui se croient être leurs supérieurs.
Pourtant des «gran-moun sanwont», appelés politiciens, qui se sont emparés du pouvoir, et font de la politique du pays leur bien personnel. Ne savent pas comment mettre de la joie dans le cœur de la population en solutionnant les problèmes internes du pays et en défendant les intérêts de la nation à l’externe. Ils sont incapables de tenir tête avec leurs maîtres colons parce que ce sont des incompétents et des mercenaires, ils ne veulent pas que leurs secrets soient dévoilés. Des filles et des fils des « Madan sara », qui ont oublié leur origine, ils se croient être blancs plus que les blancs eux-mêmes. Ils font la chasse aux sorcières avec la corruption, pourtant ils sont des corrupteurs. Ils se présentent comme des victimes du système, cependant ils sont des produits et des générateurs de ce même système. Ils prétendent qu’ils sont des défenseurs de la race, tant que ce sont eux des admirateurs et des alliés de ceux qui détruisent la race. Ce sont des hommes de main des ennemis de la race parce qu’ils ont de la Blancomanie dans leur sang.
Revenons à la Sélection des Amputés,
Bien qu’ils soient des hommes à mobilité réduite, ils savent comment prendre la partie de toute une nation. Ils font de grandes sacrifices, ils acceptent de se préparer dans des conditions anormales, ils se sont peinés pour le bonheur de tout un peuple.
Malgré leur bravoure et leur héroïsme, il y a des gens mal aviser qui se contentent de les traiter de «kokobe, bout-men, bout-pye», etc. Non, ils sont juste des handicapés physiques, car il leurs manque qu’une partie d’un membre quelconque.
Ce sont nos politiciens qui sont des «kokobe», car ils sont des handicapés mentaux. Nombre de gens se plaisent à pleurer pour nos footballeurs amputés en signe de compassion. Non, c’est pour nos politiciens qu’il faut pleurer, car ils font pitié, ce sont des voleurs, des criminels, des vautours, des gangsters, c’est pour eux qu’il faut avoir honte.
Si la politique était du football,
Si la politique était du football, nous n’aurions jamais rien pour nous encourager et pour apaiser nos douleurs. Car ses fils de colons, héritiers de Jean-Baptiste Conzé ne pourraient nous représenter dans aucune compétition, si ce n’est que dans des occasions où ils pourraient assouvir leurs intérêts mesquins. Ils se sont enivrés par le venin de la corruption et ils sont ensorcelés par des envies égoïstes. Ce sont des «patripoches» qui sont aveuglés par la richesse. Ils savent comment exécuter des besognes honteux de leurs bourreaux, fils des ténèbres qui constituent la communauté internationale, ennemis de notre mère patrie Haïti, qui se font passer pour nos bienfaiteurs. Mais, ils ne savent pas comment lutter pour empêcher le pays de sombrer dans le cahot, afin de ôter le peuple dans le marasme.
Ils ne savent pas comment combattre l’avilissement local et le dénigrement étranger, qui entravent toujours notre union et notre fraternité, qui constituent les premières pierres dans la construction de la base de notre développement, et la sauvegarde de notre souveraineté nationale.
C’est pourquoi, si la politique était du football, nos yeux auraient peiné à contempler toujours nos malheurs et nos déceptions partout et en tout. Pendant que ces bouffons feraient leurs fortunes en notre nom, nous qui croupissons dans la crasse et dans la fiente.
Mais si le football était de la politique,
Mais si le football était de la politique, nous aurions toujours une lueur d’espoir même à travers nos desespoirs. Nous aurions un peu de joie à chaque fois pour cacher nos tristesses et nos douleurs. Si nous avions nos footballeurs comme politiciens dès lors, l’argent du CIRH aurait servi à reconstruire le pays après le tremblement de terre du 12 janvier 2010. L’argent du Petrocaribe ne serait pas bafoué par des voleurs de première classe. Les aides internationales auraient arrivées à leur destination et pour ainsi atteindre leurs objectifs. À l’heure actuelle nous pourrions avoir d’autres problèmes, mais ce ne seraient pas les mêmes et éternelles tribulations. Si malgré les difficultés rencontrées, nos grenadiers ont pu surmonter les obstacles pour créer de la sensation, et arrivent malgré tout à hisser notre drapeau, symbole de notre liberté, souvenirs de notre passé glorieux aux rangs de tous les grands et puissants pays de la planète. C’est sur que s’ils étaient politiciens, ils se sacrifieraient de même pour le bien commun de tous, car ils sont de vrais patriotes et de vrais altruistes.
Si le football était de la politique, nous pourrions avoir de la certitude que Haïti changerait un jour, car les footballeurs savent comment apporter le réconfort dans le cœur d’un peuple ravagé, abattu et déchiré par la misère, la souffrance et l’injustice de toutes sortes.
Jean Marry JEAN
jeanmarry85@gmail.com
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