Vous n’êtes pas amoureux, vous êtes dépressifs !


Le sommeil vous fuit, et l’appétit vous fait défaut. Vous êtes envahis par des pensées sombres, des changements de comportement au quotidien, ou encore dévorez par un faible estime de soi. En ne pouvant pas vous contrôler, vous commencez à douter de vous-même, à vous donnez de la peine et à vous incriminer en vous demandant qu’est-ce qui vous prend. Vous faites allusion avec la voisine ou le voisin ; avec la servante ou le gars de l’autre côté ; ou encore avec la dame ou le jeune homme de l’autre jour.. Non détendez-vous ! vous n’êtes pas amoureux, vous venez tout juste de faire une dépression. Vous ne pouvez pas tomber amoureux dans une situation pareille. Et d’autre en plus, ce ne sont pas des signes de l’amour. Car dans notre esprit actuellement, il n’y a pas de place pour l’amour. C’est la peur, l’inquiétude et l’idée d’abandon qui remplissent nos pensées.

«La dépression c’est un sentiment persistant de tristesse ou de perte d’intérêt provoquer par la solitude ou des événements difficiles ou traumatisants…».
On pourrait dire que c’est normal d’être dépressif vu la situation du pays. On a envie de rien, et on ne peut rien faire. Les journées deviennent monotones , bon nombre d’entre nous n’en pouvons plus… Se déplacer devient difficile à cause de la pénurie de carburant et de la gangstérisation du pays. Se détendre a toujours été un luxe car l’inflation qui prend de l’ampleur de jour en jour diminue le peu de loisirs que nous avions droit. Pour se nourrir, certains sont obligés de parier même ce qu’ils n’ont pas, Afin de gagner un peu d’argent pour avoir le ventre plein et mener un semblant de vie. Car les jeux de hasard représentent le seul moyen de sortie pour une population ravagée par la peur, le découragement et le désespoir. D’autres au contraire, se misent sur un voyage à l’étranger, et malgré les dangers qu’ils en courent, ils jurent de gagner à tout prix. Pas de travail, pas d’assistance de l’Etat. Donc revenu faible égal pouvoir d’achat faible ! salaire minimum tuberculeux et la pauvreté est le seul maître du jeu. La passivité de la classe soit disant moyenne qui tient l’échelle qu’avec le bout du doigt pour n’être pas au plus bas*, d’où le phénomène du «Foulay».

Cet état dépressif là, comment s’en tirer de là?

Devons-nous demander de l’aide à Dieu? Mais bien-sûr, nous l’avons déjà fait! L’international pourrait bien nous aider ! pourquoi n’avons-nous pas pensé à eux ? Ah oui ! ils aiment tant nos garçons et nos filles, et nos cabris sont agréables pour la cuisson… ! Mais, est-ce bien le remède à nos maux ? Effectivement, l’international est notre panacée ! Antidépresseurs pour les uns qui pensent déjà à la création d’emploi, au fait, ils sont déjà embauchés à la fin de l’ère des gangs. La psychothérapie pour d’autres qui pensent à revivre avec eux de bons moments ou de trouver une Haïti meilleure. Rêver c’est la clé du bonheur, n’est-ce pas vrai? Reprenez-vous bon sang ! Le changement d’Haïti ne peut pas sortir de l’extérieur. C’est à nous, et à nous seuls de travailler ensemble comme un seul homme, pour tirer Haïti de ce marasme. La solution aux problèmes d’Haïti est en nous et chez nous.

Rappelez-vous

Nous sommes la première République noire du monde et la deuxième en Amérique. On doit réveiller le Dessalines en nous , chambarder le système tout entier…, la tête altière et haut les fronts. Pas besoin de l’aide internationale ni la présence des blancs. Bon sang ! de la fierté pure ! Combien haïtiens qui possèdent encore ce sentiment ? pas même le ministre de la défense semblerait-il !

En attendant, qu’est-ce qu’on fait ?

On reste chez soi à se morfondre, à contempler ou à imaginer des événements à venir. Trahir par de vains discours et des promesses non tenues. Nous avons perdu le sentiment patriotisme et même le sens du devoir. Pourtant c’est nous qui devons donner le ton. Cette soif de liberté qu’avaient nos ancêtres, n’était-ce pas les vils actes et les mauvais traitements qu’ils subissaient qui l’avaient donnés ? Qu’est-ce qui nous empêche d’avoir cette même nécessité aujourd’hui ? Il semblerait que la perte de toutes les notions de vie nous pousse même à oublier le sens de certains mots tels que : souveraineté, liberté, fraternité et indépendance.

Texte : Louis Naïka
C.P : Google

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