Selon le calendrier remanié, les portes des écoles pourront-elles rester ouvertes jusqu’en août 2024 ? 


 

Depuis quelques années, le droit à l’éducation, droit inaliénable, est menacé en Haïti. Les crises sous toutes les formes perturbent les années académiques et les apprenants en font toujours les frais. Encore une fois, cette année scolaire se voit remanier à cause d’un arrêt forcé par une vague de violence inédite des gangs armés. Au lieu de juin, l’année scolaire devrait être achevée en août 2024. Cependant,  considérant la situation actuelle d’Haïti, les interrogations sont multiples quant au respect de la date de fermeture fixée par le MENFP.

Alors que l’année académique 2023 – 2024 devrait être bouclée,   avec les examens officiels du baccalauréat le 30 Juin 2024, la crise sécuritaire qui sévit dans le pays a causé un remaniement dans le calendrier scolaire. Cela dit, les portes des écoles devraient être  fermées le 9 août 2024 avec les examens du baccalauréat.
 
Des responsables d’écoles expliquent leur décision.
 
Par rapport au remaniement du calendrier scolaire 2023 – 2024 suite à la fermeture forcée des écoles de la région métropolitaine de Port-au- Prince, sur 10 directeurs d’écoles interrogés, au moins 7 ont été sceptiques quant à la fermeture des classes en août. Pour corroborer leurs décisions, ils ont évoqué plusieurs causes.  « Il est coutume en Haïti de fermer les écoles au mois de juin quelles que soient les circonstances. Nous sommes  un pays tropical, on ne pourrait garder les enfants en salles au-delà du mois de Juin. Sinon, on risquerait de grand impact sur le quotidien des enfants en classe », a expliqué ce directeur d’école sous couvert d’anonymat. Plus loin, le responsable d’établissement scolaire constate une hausse de température cette année. Cette chaleur anormale affecte la vie scolaire : « Bien que du côté des autorités c’est le silence radio, je pense que cette chaleur est liée surtout au réchauffement climatique. Elle nous affecte grandement. Le mieux serait de l’éviter  par tout les moyens, surtout dans nos salle de classe», a-t-il suggéré.


Parents et apprenants, principales victimes.
 
« Si le MENFP prend une résolution, il n’y a aucune force contraignante quant à son application », se désole cette mère de 2 enfants. « En Haïti, les parents et les enfants sont toujours les perdants d’un système éducatif obsolète et figé », poursuit-elle. La jeune femme qui s’investit pleinement dans l’éducation de ses enfants, accuse le MENFP d’avoir  donné le champ libre aux directeurs d’écoles afin d’agir à leur gré, sans aucun respect des prescrits du dit ministère.


 Avec amertume, ce cinquantenaire s’est confié à la rédaction de VariétéStars News Agency. « Ce sont les parents et les enfants qui vont en faire les frais. Bien que la plupart des écoles fermeront leur porte en juin au lieu d’août,  mais elles n’enlèveront pas même un iota sur les frais de scolarité.  Les frais qui devraient servir pour 10 mois, serviront pour 7 ou 8 mois de classes. En conséquence, les parents dépensent la même somme tandis que les enfants ne verront pas le nombre de jour proposé en classe », regrette l’homme au visage barbu.
 
Les institutions scolaires à genoux.
 

Si la rentrée des classes se faisait d’une manière progressive, la reprise après l’aggravation de la situation sécuritaire en février dernier a permis d’observer le contraire. Depuis les assauts des truands envahisseurs ligués sous l’appellation de « Viv ansanm » , les institutions scolaires peinent encore à redémarrer. Principales cibles des hommes armés, elles ont été pour la plupart pillées, saccagées, vandalisées et incendiées. Certaines d’entre elles servent d’abri pour les personnes forcées de laisser leur humble demeure. D’autres sont utilisées par les colonnes armées comme bases ou lieu de ravitaillement.  Les espaces d’écoles qui ont été épargnées des actes de vandalismes des gangs armés accueillent d’autres élèves pour les aider. Dans cette triste réalité, 3 et voire 4 écoles peuvent se réunir dans le même local sous la charité du directeur pour convoyer d’autres de continuer à remplir leur noble mission.
 
Malgré les crises de toutes sortes qui perdurent, chaque année l’Etat Haïtien, à travers le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle, met toujours le cap vers le mois de septembre pour lancer une nouvelle année Académique. Le MENFP, lancera-t-il l’année 2024 – 2025  en septembre à moins d’un mois de la fermeture ? Les résultats des examens officiels seront-ils déjà prêts dans l’intervalle ? Autant d’interrogations que nous ne pouvons répondre aujourd’hui,  mais par contre, connaissant nos dirigeants ; et quant aux réponses, nous  savons tous que rien ne sera différent que les autres cas.

Texte : Varietestarsnewsagency

Email : infos@varietestarsnewsagency.com

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