Pétion-Ville, le bunker de la zone métropolitaine


Dévastée par le tremblement de terre du 12 janvier 2010, Port au Prince n’est plus la ville qu’elle était avant. Promesse de reconstruction de  la part de l’État et des ONG, rien n’est jamais fait à son égard. Cette catastrophe a conduit d’une part, à la relocalisation de certains commerçants du secteur informel ainsi que des entreprises, dans des diverses ville du pays ;  et d’autres part, à la migration interne  des milliers de personnes sinistrées. Pétion-Ville, pour sa réputation de résistance de tout genre,  a accueilli un bon nombre d’entre eux. Avec  ses 165,49 km2, cette commune est bornée au Nord par Delmas, au Sud par Kenscoff, à l’Ouest par Carrefour et à l’Est par Croix des Bouquets. Outre que le séisme de 2010, la guerre des gangs armés depuis environ 10 ans dans la capitale, a fait de la terre de Pétion, un refuge sans précédent.
 

Depuis l’assaut au village de Dieu par les colonnes armées de  « 5 seconde », le déplacement massif des gens s’intensifie dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Ti lapli, krisla, izo et leurs troupes face à une population impuissante qui, en dépit de tout, a résisté dans le passé. Mais depuis plus d’un quinquennat, ces malheureux habitants n’ont pas le choix, que de tout laisser derrière, afin de sauver leur vie.
 

Le délaissement de l’État

Au fil des années, les hommes armés se multiplient et  contrôlent plus de territoire. À présent, le département de l’ouest est encerclé par ces malfrats  à travers une coalition dénommée « viv ansanm », ayant comme chef de fil Jimmy Cherizier, alias barbecue. Et cela continu. En terme de déplacé interne, le nombre s’alourdit à chaque jour.
 

La gangstérisassion du pays est responsable des dizaines de milliers de victimes.  4 mois depuis, Haïti a tous les maux du monde, l’expansion de ces criminels a affecté tous les secteurs de la vie nationale à leur plus haut  niveau. Entre morts, blessés et des citoyens qui quittent leurs domiciles, les chiffres sont vertigineux pour ces dernières semaines .
 

La recrudescence de la violence armée sur le territoire haïtien a déclenché une profonde crise humanitaire. Dans son sillage, une hausse du nombre d’enfants déplacés à l’intérieur du pays s’élève désormais à 170.000, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). En Haïti, les familles subissent des vagues  incessantes d’extrêmes brutalités. Soit la perte d’êtres chers, ou la destruction de leurs biens.
 

La dernière estimation de l’ONU, qui s’appuient sur une étude conjointe de l’organisation Internationale pour les migrations (OIM) et de la Direction Générale de la Protection Civile Haïtienne (DGPC), datant de janvier 2024, révèle que près de 314.000 membres de la population ont été contraint de fuir leur résidence pour se réfugier ailleurs. Jusqu’au 19 avril 2024, le pays compte 362.000 personnes déplacées.
 
 
Ville de la résistance

Comme seul bunker, Pétion-Ville devient une cible pour la coalition. Depuis 3 mois, leur  seul objectif est d’envahir la commune pour allonger la liste des territoires perdus. Mais cela devient de plus en plus difficile chaque jour,  grâce à la vigilance des agents de la PNH et les Pétion-villois.
 

Quelques temps plutôt, Pétion-Ville a connue aussi des moments sombres avec ces groupes armés. À Laboule 12, on a eu Ti Makak et sa bande. Ces hors-la-loi ont tués des hommes et des femmes honnêtes, des policiers ;  des immeubles pillés et incendiés . Parmi les victimes de ce groupe il y’a l’ex candidat à  la présidence,  Erick Jean Baptiste et son garde du corps qui sont morts. L’ex sénateur Yvon Buisserethe et un proche ont été tués et brûlés par ces criminels notoires. A Débrosse, on trouvait Lèlè et ses acolytes. Très récemment, Meyotte, Doco, Diègue ont été envahi par ses barbares. Mais tous sont finis 6 pieds sous terre,  par la police et la population.
 

Aujourd’hui encore, plusieurs quartiers se retrouvent sous le contrôle des gangs dirigés par un certain Vitelhomme Innocent; tels que: Pernier et Torcel. Malgré tout, cela n’empêche pas que les citoyens du bas Delmas, du centre ville, etc. de se réfugier dans diverses zones de cette terre de refuge.
 

Pour continuer de résister , des brigades sont constituées dans la plupart des quartiers, et des barrières sont érigées dans chaque entrée. Chaque zone est surveillée jour et nuit. Interdiction aux inconnus de circuler sans une pièce d’identité ; pas de nouveaux locataires, sauf en cas de référence d’un citoyen bien connu.
 

Pétion-Ville, seul bunker de la capitale. Jusqu’à quand arrive-t-elle à tenir tête face à ses colonnes armées ? En attendant l’arrivée de la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité pour combattre ces malfrats, les bandits continuent leurs carnages. Quelle serait la réponse de la mission face à cette réalité grandissante? Que doivent espérer ces hors-la-loi? Cimetière ! Prison ! Alors, on attend tous.

Texte : Lamy Toussaint

C.P : alamy , Google chrome

Email : toussaintlamy0709@gmail.com

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VariétéStars News Agency
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