Kenscoff, depuis belle lurette qui est réputée pour son climat paisible et sa production agricole abondante, est désormais le théâtre d’une guerre sanglante entre la coalition criminelle denomée « Viv Ansanm » et la Police Nationale d’Haïti. Les affrontements, qui ont éclaté il y a plusieurs semaines, ont déjà coûté la vie à plus de 50 personnes et laissé plus de 100 maisons en cendres, selon un rapport du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH). Tandis que la population se retrouve en première ligne de cette violence, la Police Nationale d’Haïti (PNH) tente de reprendre le contrôle, malgré des ressources limitées.
Les habitants de Kenscoff vivent une tragédie sans précédent. Privés de sécurité et souvent de soutien humanitaire, ils fuient leurs zones, laissant derrière eux leurs terres agricoles, principale source de revenus de la région. Avec plus de 100 foyers détruits, des dizaines de morts , des blessés, plusieurs centaines de personnes se retrouvent déplacées, vulnérables à la faim, au froid et à l’insécurité.
La situation a également des impacts dramatiques sur l’économie locale : la destruction de parcelles agricoles, la difficulté d’accès aux marchés et les pillages ont fait grimper les prix des denrées alimentaires qui alimentait une grande partie de la capitale en légumes et fruits frais, voit désormais son rôle économique compromis, aggravant ainsi la crise alimentaire nationale. Cette attaque a aussi de graves repercussions sur les écoles de cette commune, qui depuis lors, sont obligées de fermer leur porte par crainte d’être la cible des gangs armés.
La PNH face à un défi colossal
Malgré des moyens insuffisants, la Police Nationale d’Haïti se montre déterminée à restaurer l’ordre. Les forces de l’ordre ont intensifié leurs opérations dans la région, menant des raids pour désarmer les gangs et sécuriser des zones clés comme Belo, Godet, Carrefour Bet et le centre ville de Kenscoff. Selon le porte-parole a.i de la PNH, Lionel Lazarre plusieurs bandits ont été mortellement blessés, des armes illégales et une quantité importante de mimutions ont été saisies lors des raids.
Cependant, le combat est inégal. Les gangs, mieux armés et qui paraissent mieux organisés dans leurs attaques répétitives, profitent de la topographie montagneuse de Kenscoff pour échapper aux opérations policières. Néanmoins, les forces de l’ordre restent optimistes, affirmant que des plans stratégiques sont en cours pour reprendre le contrôle total de la zone. Une base a été aussi établie dans une localité bien controlée afin de mettre un terme aux assauts des criminels.
Une urgence humanitaire et une mobilisation nécessaire
Cette guerre des gangs à Kenscoff met en lumière la vulnérabilité d’une population déjà affaiblie par des années de crise politique et économique. Les organisations humanitaires appellent à une intervention urgente pour aider les familles déplacées et sécuriser les routes afin de permettre la circulation des biens essentiels.
La question reste á savoir combien de temps cette crise durera. Mais une chose est certaine : la paix à Kenscoff nécessitera une mobilisation concertée, tant des autorités que des acteurs internationaux, pour redonner à la région son rôle de grenier de la capitale et, surtout, pour protéger les vies humaines.
Il est important de souligner que le président du CSPN, Alix Didier Fils-Aimé a déclaré que toutes les institutions étatiques étaitent au courant que les bandits allaient attaquer la commune de Kenscoff.
Texte : Laurore Michel
Email : michelaurore90@gmail.com
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