Haïti-Société: Des fêtes de fin d’année sous l’emprise de l’insécurité à Port-au-Prince.

À Port-au-Prince, l’état sécuritaire se délétère au quotidien. Les hommes armés qui jadis s’entretuaient, aujourd’hui s’unissent sous le pseudo de « Viv Ansanm » et sèment la terreur au milieu d’une population civile déjà en proie à toute sorte de crise.

À l’approche des fêtes de fin d’année, le spectre du pire rode sur Haïti notamment la région métropolitaine de Port-au-Prince. Cette année encore, les fêtes de fin d’année seront marquées par l’incertitude et des vagues de violences brutales qui rongent la capitale de la première République Noire.

Une triste réalité à l’approche des fêtes

Balles perdues, cadavres en décomposition, odeurs pestilentielles, territoires assiégés et abandonnés; carcasses de voitures en feu, rues désertes et lestées d’immondices un peu partout, décharges à ciel ouvert… Telles sont les nouvelles réalités de vie à Port-au-Prince. Une ville à plus de 80٪ occupée par les gangs armés sous l’œil complice des autorités, qui se livrent à une lutte sans merci pour le pouvoir.

Jusqu’à date, les deux grands axes routiers du pays sont bloqués au gré des hommes de « Viv Ansanm ». À Port-au-Prince, certaines écoles et institutions publiques, des terrains libres, sont utilisés pour former des camps de fortunes par des déplacés internes, dont le nombre s’estime à plus de 700 000, selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Dans la foulée, détritus, odeurs nauséabondes et des insectes les accompagnent dans cette nouvelle forme de vie insipide.

Les communes Pétion Ville et Delmas résistent jusqu’à présent aux menées submersibles des gangs. Pour ce faire, un mode de vie incommode a été initié. Des barrières sont érigées à l’entrée des quartiers. Entre 6h et 9h PM toute la ville et tous les quartiers sont fermés, les visiteurs et inconnus avertis, ne sont plus les bienvenus.

Les traditions s’éteignent à Port-au-Prince

Autrefois à cette période de l’année, les grandes institutions privées ou publiques sont illuminées par une décoration hors pair exprimant la valeur de la fête. Des chants traditionnels, des concours initiés par les médias traditionnels, des activités nocturnes et de l’ambiance un peu partout se faisaient remarquer.

Les petits commerçants occupaient les rues. Chapeaux, lumières, vêtements, bougies, vaisselles et tout ce qui donnait un sens à la fête, se liquidait pour les petites bourses dans les rues de Port au Prince. Ce qui est sûr aujourd’hui, La capitale, ses ambiances et ses traditions croulent sous les balles perdues, les assauts de hommes de « Viv Ansanm » et les affrontement entre les forces de l’ordre et les gangs armés.

Désespérément, ce septuagénaire observe une perte de valeur due au phénomène de l’insécurité: »c’est triste de voir comment des valeurs disparaissent dans un pays. Pour mon âge, j’ai vécu des fêtes de fin d’année extraordinaire. J’aurais toujours souhaité que mes enfants et petit enfants vivent ces moments forts. Malheureusement, l’insécurité nous prive de l’essence de cette fête », a déploré M. Antoine Jean Paul.

Cela fait plus de trois ans sans que l’insécurité galopante expose la vie de paisibles citoyens au danger. Le droit à la vie, à un logement, à la santé entre autres déjà précaire, n’est plus respecté en Haïti. Le patrimoine culturel disparait au vu et au su de tous. Aucune date et aucune fête ne sont importantes et ne représentent plus rien. Tout le monde a peur. Tout le monde prépare les bagages. Tout le monde a fui. La vie se résume à une seconde. Cela dit, encore des fêtes de fin d’année dans l’enfer, malgré les grosses promesses des autorités laxistes. Une année s’en va, une autre s’en vient et les problèmes restent et demeurent les mêmes.

Texte : Mackenlove Hyacinthe
C.P : VariétéStars News Agency Email : hyacinthemackenlove@gmail.com

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